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Photographier sport et concert en amateur

Photographier le sport et le concert en amateur repose sur trois choix techniques : une focale adaptée à la distance, un cadrage qui isole l’action, une exposition calée sur la lumière disponible. Le reste se joue sur la durée : construire des séries documentaires plutôt que des images isolées, puis trier une saison entière en gardant les images qui racontent quelque chose. Le matériel compte moins que la régularité des sorties et la connaissance des lieux.

Par la rédaction de Monsieur Lézard.

Un gardien de handball seul dans sa cage sous les projecteurs d’une salle normande, cadré serré au 135 mm depuis les gradins, fond sombre et maillot éclairé de face.
Un gardien de handball seul dans sa cage sous les projecteurs d’une salle normande, cadré serré au 135 mm depuis les gradins, fond sombre et maillot éclairé de face.

Photographier le sport et le concert en amateur repose sur trois choix techniques : une focale adaptée à la distance, un cadrage qui isole l’action, une exposition calée sur la lumière disponible. Le reste se joue sur la durée : construire des séries documentaires plutôt que des images isolées, puis trier une saison entière en gardant les images qui racontent quelque chose. Le matériel compte moins que la régularité des sorties et la connaissance des lieux.

Choisir sa focale selon la distance et la salle

En salle de handball, un 50 mm en capteur plein format couvre le terrain depuis le premier rang, mais il faut accepter de recadrer fort. Un 85 mm ou un 135 mm isole un duel entre un ailier et un gardien sans quitter sa place. Un zoom 70-200 mm reste le compromis le plus souple quand on ne peut pas se déplacer le long de la touche. En concert, la distance à la scène décide de tout : au premier rang, un 35 mm capte le groupe et le public ; à vingt mètres, il faut 85 mm ou plus pour cadrer un visage éclairé par une seule poursuite.

La focale fixe oblige à bouger, ce qui est souvent un avantage : on change de point de vue, on descend, on monte, on se place dans l’axe. Le zoom évite de rater une action quand la place est assignée. Dans les deux cas, mieux vaut une ouverture lumineuse, f/1.8 ou f/2.8, qu’un long zoom sombre : en salle comme en salle de concert, la lumière manque plus souvent que la distance.

Pour le sport de plein air en Normandie, du cross aux Haras du Pin à une arrivée de triathlon face aux falaises, la focale dépend du décor. Un 24-70 mm garde le paysage dans le cadre et situe l’effort. Un 200 mm isole le visage et la foulée. Le site PhotoSport Normandy documente ce type de choix sur des épreuves régionales, du handball à Caen aux sports côtiers, avec des séries construites par point de vue et par focale.

Comment cadrer quand on est dans le public ?

Le cadrage en amateur se heurte à deux contraintes : la place fixe et les têtes devant l’objectif. La solution consiste à travailler en hauteur quand c’est possible, gradins ou talus, et à cadrer serré pour supprimer les éléments parasites. Un cadrage horizontal large montre le contexte, la salle, la foule, la ligne de touche. Un cadrage vertical serré montre le geste, la main, le regard.

Quelques repères utiles :

  • p l a c e r l e s u j e t p r i n c i p a l s u r u n t i e r s d e l ’ i m a g e , p a s a u c e n t r e , s a u f p o u r u n f a c e - à - f a c e ;
  • l a i s s e r d e l ’ e s p a c e d e v a n t u n c o u r e u r o u u n b a l l o n , j a m a i s d e r r i è r e ;
  • c a d r e r l e s p i e d s o u l e s m a i n s q u a n d i l s p o r t e n t l ’ a c t i o n , s i n o n c o u p e r f r a n c h e m e n t a u n i v e a u d u t o r s e ;
  • é v i t e r l e s a r r i è r e - p l a n s c h a r g é s : u n p a n n e a u p u b l i c i t a i r e o u u n s a c a u s o l a t t i r e l ’ œ i l p l u s q u ’ u n m a i l l o t .

En concert, le cadrage dépend de la lumière : un chanteur éclairé de face se cadre serré, un groupe éclairé de dos se cadre large pour capter les silhouettes. Le contraste entre l’ombre et la poursuite crée la composition. Il faut accepter de perdre des images pour gagner une bonne.

Quelle lumière et quels réglages en salle ?

La lumière artificielle est le principal obstacle. En salle de sport, les projecteurs produisent une température de couleur stable, souvent autour de 4000 à 5000 K, mais avec des zones d’ombre marquées sous les paniers. En concert, la lumière change à chaque morceau, avec des éclairages colorés et des variations rapides d’intensité.

Les réglages de base :

  • m o d e m a n u e l o u p r i o r i t é à l ’ o u v e r t u r e , j a m a i s l e m o d e a u t o m a t i q u e c o m p l e t ;
  • v i t e s s e m i n i m a l e d e 1 / 5 0 0 s p o u r l e s p o r t , 1 / 2 5 0 s p o u r u n m u s i c i e n i m m o b i l e , 1 / 1 2 5 s p o u r u n m o u v e m e n t v o l o n t a i r e m e n t f l o u ;
  • I S O é l e v é s a s s u m é s , 3 2 0 0 à 6 4 0 0 , p l u t ô t q u ’ u n e v i t e s s e t r o p b a s s e ;
  • b a l a n c e d e s b l a n c s f i x é e à l a m a i n , p a s e n a u t o m a t i q u e , p o u r g a r d e r u n e c o u l e u r c o n s t a n t e d ’ u n e i m a g e à l ’ a u t r e ;
  • m e s u r e d e l a l u m i è r e s u r l e v i s a g e o u l e m a i l l o t , p a s s u r l e f o n d .

Le flash est interdit ou mal vu dans la plupart des salles de concert et dérange les joueurs. Il faut donc travailler à la lumière existante et accepter le grain. Un fichier bruité mais net vaut mieux qu’un fichier propre mais flou.

Pourquoi construire des séries documentaires plutôt que des images isolées ?

Une image isolée montre un instant. Une série montre une saison. La différence tient à la méthode : choisir un sujet, un lieu, une équipe, puis revenir plusieurs fois. Sur une saison de handball, cela peut donner une série sur les gardiens, une autre sur les tribunes, une autre sur les déplacements. Sur une saison de concerts, une série sur les balances, une sur le public, une sur les rappels.

La série impose une cohérence : même focale, même traitement, même distance. Elle impose aussi une progression : ouverture, milieu, fin. Le lecteur doit sentir le temps qui passe, la fatigue, la répétition. C’est ce que permet une couverture régulière d’un championnat ou d’un festival, et c’est ce qui distingue un reportage d’une collection de bonnes images.

Quelques principes de construction :

  • d é f i n i r u n e i n t e n t i o n a v a n t l a p r e m i è r e s o r t i e , p a r e x e m p l e l a r e l a t i o n e n t r e u n j o u e u r e t s o n b a n c ;
  • v a r i e r l e s é c h e l l e s : p l a n l a r g e d u l i e u , p l a n m o y e n d e l ’ a c t i o n , d é t a i l d e s m a i n s o u d u m a t é r i e l ;
  • g a r d e r u n e i m a g e d e c o n t e x t e , u n e i m a g e d e t e n s i o n , u n e i m a g e d e r e s p i r a t i o n ;
  • n e p a s m é l a n g e r l e s t r a i t e m e n t s , c o u l e u r e t n o i r e t b l a n c , d a n s u n e m ê m e s é r i e .

Comment trier les images d’une saison ?

Le tri est la partie la plus longue et la plus utile. Une saison de sport ou de concert produit facilement plusieurs milliers de fichiers. La méthode en trois passages fonctionne :

1. Premier passage, rapide : éliminer les images floues, les yeux fermés, les cadrages ratés. On garde environ un tiers. 2. Deuxième passage, technique : comparer les images proches et garder la meilleure de chaque séquence. On garde environ un dixième du total. 3. Troisième passage, éditorial : choisir les images qui racontent, pas seulement les plus nettes. On termine avec trente à cinquante images par saison.

Le classement compte autant que la sélection : dossiers par date, par lieu, par équipe, mots-clés simples. Un fichier bien nommé se retrouve en dix secondes, un fichier mal nommé se perd. Il faut aussi sauvegarder sur deux supports distincts, disque externe et cloud, car une saison perdue ne se reconstitue pas.

Le tri final sert à construire un portfolio cohérent. Une série de vingt images bien choisies vaut mieux qu’un album de deux cents images. C’est cette sélection qui permet de progresser : en comparant ses images d’octobre et celles de mai, on voit ce qui a changé dans le placement, l’exposition et le regard.

Ce qui distingue une bonne image de sport ou de concert

Une bonne image de sport ou de concert contient trois éléments : un sujet identifiable, une action lisible, une émotion. Le matériel n’y suffit pas. La connaissance du terrain, la position, l’anticipation et la répétition pèsent davantage. Un photographe amateur qui couvre dix matchs ou dix concerts dans la même salle connaît mieux les lieux qu’un photographe équipé qui vient une fois.

La progression passe par la contrainte : une seule focale par sortie, une seule intention par série, un tri régulier après chaque événement. C’est ainsi qu’on construit, saison après saison, un fonds d’images personnel et cohérent, utile pour soi et lisible pour les autres.

Une fois les images du concert triees, la question du terrain se pose souvent : ou photographier, a quelle heure arriver, comment se placer sans gener. Le magazine Monsieur Lezard consacre une page a la Fete de la Musique, avec un guide des scenes et des horaires, utile pour reperer les lieux avant de sortir l’appareil. Ceux qui veulent preparer une soiree de concerts y trouvent des reperes concrets. Pour un photographe amateur, connaitre le site en amont reste le meilleur moyen d’anticiper la lumiere et les angles.